Olivier Maynard

  Cargo Model Art 

CARGO MODEL ART

 

Une histoire d'aventure

 

Dans les années 70 le port de Sète est très actif et surtout, libre d'accès. Mes ballades préférées avec mon père consistent à observer le déchargement des marchandises ; Du haut de mes 5 ans, j'admire déjà les cargos gagantesques, en provenance de Panama, Istambul ou Nassau. Ces contrées lontaines sont synonymes d'aventures. 

 

Certains transports du bois, d'autres du vin, des minerais, des tonneaux d'olives. Tonton Jean que j'adorais parvint à nous faire grimper sur un de ces cargos. À bord, le capitaine nous offre du Coca-Cola. J’ai 11 ans et c’est le premier soda de ma vie. Je me débrouille parfois pour embarquer sur les remorqueurs de haute mer dont le rôle est de faire entrer et sortir des cargos du port. Je me souviens des manœuvres, des cordes tendues et des vibrations de ces monstres d’acier tremblant à pleine puissance. Inspiré par ces images et ce vécu, je commence à fabriquer des bateaux avec les cartons d’emballage de la pharmacie familiale. À 13 ans, mon Père m’offre une boite de construction d’un petit hors-bord dont je détourne immédiatement les plans pour le transformer en bateau de pêche. Tout est en bois ; c’est le début d’une nouvelle étape.

 

C’est encore à cet âge que je découvre le Musée de la Marine à Paris, avec les maquettes de vaisseaux que Louis XIV faisait naviguer sur les bassins de Versailles signe de sa puissance maritime. Marquées d’une patine naturelle et d’un réalisme hors norme, la vue de ces grandes maquettes de 300 ans me transportait dans un monde de pirates qui devait marquer pour toujours mon imaginaire.

 

Le chemin vers la fabrication

 

De retour à Sète, je construis un grand voilier ; je fabrique tout moi-même, invitant ma mère à confectionner les voiles dans de vieux draps en lin trempés dans du thé pour les vieillir. Le pont est traité à l’eau oxygénée pour imiter le teck grisé par le sel. Reproduire l’usure du temps devient alors une obsession.

 

Bien plus tard je réalise mon premier cargo. Je travaille à partir de plans du Musée de la Marine: l’Esso Parentis, un pétrolier aux lignes typiques des années 50. Mais, sensibilisé par la pollution des marées noires successives sur le littoral breton dues aux  naufrages de ces immenses navires, je modifie les plans, et le transforme en vraquier pour le transport du bois. Je redessine les cales, je crée des mats de charges , éclaire les cabines. Ce cargo de deux mètres de long, tout en bois semble avoir navigué.

 

 

 

 

La conception 

 

Si les magnifiques réalisations que l’on peut voir dans les musées sont toujours fidèles aux bateaux flambants neufs des premiers jours, mon travail s’attache à retranscrire l’usure provoquée par le sel, la navigation, le cambouis, le métal dégradé par la rouille, les résidus de chargements. Ce mariage entre les éléments, les océans, les mers et le bateau, deviennent depuis des années ma marque de fabrique.

 

Dès lors, mes bateaux ne sont plus des maquettes mais des créations dont la taille est volontairement conséquente afin  que le bateau soit un élément incontournable d’un salon, d’un hall d’hôtel, un port d’attache ou chacun puisse y promener ses rêves d’enfant; l’histoire recommence ………